Ballottée entre temps productif et temps biologique, la sieste est un besoin naturel et fondamental en mal d'acceptation et de reconnaissance

Tout être humain est dépendant d’un rythme circadien veille/sommeil, un rythme biologique sur une période de 24 heures en fonction de notre horloge interne et de l'alternance nuit/jour.

Deux périodes de baisse de vigilance y sont relevées : entre 3 heures et cinq heures du matin et entre 13 heures et 15 heures l'après-midi indépendamment du phénomène de la digestion bien qu’un repas trop riche y contribue fortement.

Or, la durée moyenne de sommeil a baissé d'une heure et demie en un siècle (7 heures trente aujourd'hui), et la plupart des accidents graves du travail et de la route se produisent durant ces baisses de veille quotidiennes.
Ainsi ce besoin universel d’un repos compensateur à l’heure méridienne a poussé des chercheurs à en étudier les effets - voir les références listées par le Dr Mullens

Tous les chercheurs des laboratoires du sommeil insistent sur les bienfaits de ce petit temps de récupération : il diminuerait les méfaits du stress en termes de maladie cardio-vasculaire et augmenterait de façon notoire la vigilance de chacun et par là même… la productivité

Evoquer le temps de sieste, c'est tout simplement poser la question de la validité de nos rythmes sociétaux ne prenant pas assez en compte le respect du "découpage" temporel propre à chacun.

Le malentendu (du moins en France) commence dès la petite enfance : un bon enfant n'est-il pas un enfant sage "qui fait ses siestes" sans problème, ceux ne la faisant pas étant examinés à la loupe, taxés " d'hyperactifs ", bref suscitant l'inquiétude parentale.

Or, si le respect du petit roupillon bénéfique est respecté jusqu'à la maternelle, tout bascule à l'entrée au cours préparatoire : du jour au lendemain, un rythme " productif " est demandé aux enfants accompagnés d'un cartable de 3 kilos et de la suppression de la sieste si soigneusement entretenue les années auparavant...

Le malentendu va durer jusqu'à la retraite où étant sorti du temps productif, vous pouvez de nouveau vous adonner à cette petite pratique réconfortante.

Entre temps, pour les pauvres actifs que nous sommes, plus question de sieste, trop souvent synonyme de temps perdu...!

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